Formation en prévention des risques professionnels

Comment reconnaître les classes de feu et choisir le bon extincteur ?

Face à un départ de flammes, saisir le premier extincteur venu peut transformer un incident maîtrisable en sinistre. De l’eau projetée sur une friteuse provoque une boule de feu, un jet de poudre ruine une salle serveur, un CO₂ laisse repartir un feu de cartons. Tout commence par l’identification des classes de feu, qui relient chaque combustible à l’agent extincteur capable de l’éteindre. Cette logique s’apprend d’autant mieux qu’elle se pratique : c’est l’objet de notre formation à la manipulation des extincteurs à Nice, animée par des sapeurs-pompiers en activité. Voici les repères essentiels pour lire une étiquette et choisir le bon appareil.

Qu’est-ce qu’une classe de feu ?

Une classe de feu regroupe les incendies selon la nature du combustible qui brûle. La norme européenne NF EN 2 en définit cinq, désignées par les lettres A, B, C, D et F. Chaque extincteur indique sur son étiquette les classes sur lesquelles il est efficace, sous forme de pictogrammes.

Ce classement répond à une réalité physique : un bois qui couve, un solvant qui s’enflamme en surface et un métal porté à très haute température ne se comportent pas de la même manière. L’agent extincteur doit donc agir sur le bon côté du triangle du feu (combustible, comburant, énergie) :

  • refroidir le foyer, comme le fait l’eau ;
  • étouffer les flammes en chassant l’oxygène, comme le CO₂ ;
  • inhiber la réaction chimique de combustion, comme la poudre.

Sur l’étiquette, chaque pictogramme est précédé d’un code chiffré (par exemple 13A ou 89B) qui traduit la capacité d’extinction de l’appareil sur un foyer d’essai normalisé. Plus le chiffre est élevé, plus le foyer éteint lors des tests était important.

Quelles sont les classes de feu reconnues en 2026 ?

En France, la référence reste la norme européenne NF EN 2 et ses cinq classes : A (solides), B (liquides), C (gaz), D (métaux) et F (huiles et graisses de cuisson). Depuis janvier 2026, la norme internationale ISO 3941 en ajoute une sixième, la classe L, consacrée aux batteries lithium-ion. Savoir les distinguer permet d’identifier en quelques secondes ce qui brûle et l’appareil à saisir.

Que regroupe un feu de classe A ?

Le feu de classe A concerne les matériaux solides, le plus souvent d’origine organique, qui brûlent en formant des braises : bois, papier, carton, tissus, paille. C’est le feu le plus courant dans les bureaux, les commerces et les entrepôts. Il nécessite un agent qui refroidit en profondeur pour éviter la reprise.

Que regroupe un feu de classe B ?

Le feu de classe B touche les liquides inflammables et les solides qui fondent sous l’effet de la chaleur : essence, gazole, solvants, alcools, peintures, cires, certaines matières plastiques. Ces feux se propagent vite en surface et ne laissent pas de braises.

Que regroupe un feu de classe C ?

Le feu de classe C est un feu de gaz : butane, propane, gaz naturel, acétylène. Le premier geste consiste à couper l’alimentation en gaz. L’extincteur à poudre sert ensuite à abattre les flammes ou à protéger les abords pour atteindre la vanne. Souffler la flamme sans avoir coupé le gaz est dangereux : la fuite continue et peut former un nuage explosif.

Que regroupe un feu de classe D ?

Le feu de classe D implique des métaux combustibles : magnésium, titane, sodium, lithium métallique ou poudres d’aluminium. Il concerne surtout l’industrie et les laboratoires. Au contact de l’eau, certains de ces métaux en feu libèrent de l’hydrogène, avec un fort risque d’explosion. Seules des poudres spéciales, choisies selon le métal, conviennent, et leur mise en œuvre revient en général à du personnel spécialement formé.

Que regroupe un feu de classe F ?

Le feu de classe F désigne les feux d’huiles et de graisses de cuisson, végétales ou animales, dans les friteuses, sauteuses et autres appareils de cuisine. Distincte de la classe B, elle répond à un risque très présent en restauration : portée à haute température, l’huile peut s’enflammer d’elle-même, et la moindre eau provoque une projection violente. Les extincteurs de classe F agissent par saponification : ils transforment la surface de l’huile en une pellicule qui la prive d’air. Une couverture anti-feu conforme à la norme NF EN 1869, ou un couvercle, peut étouffer un petit foyer, mais reste insuffisante seule sur une friteuse professionnelle de grande capacité.

Qu’est-ce que la nouvelle classe L ?

La classe L a été créée par la troisième édition de la norme ISO 3941, publiée en janvier 2026. Elle vise les feux de cellules et de batteries lithium-ion sans lithium métallique, ce dernier restant rattaché à la classe D. Ces feux sont dits électrochimiques : emballement thermique d’une cellule à l’autre, dégagement de gaz toxiques et inflammables, reprise possible plusieurs heures après.

En Europe, la norme NF EN 2 doit encore être révisée pour intégrer cette classe. La norme ISO classe les feux mais ne certifie aucun extincteur : les marquages des appareils actuels ne changent pas. Face à une trottinette, un vélo ou un outil sans fil en feu, la priorité est d’alerter les secours (18 ou 112) et de s’éloigner des fumées.

Pourquoi n’existe-t-il plus de classe E ?

La classe E, longtemps associée aux feux d’origine électrique, a disparu de la norme NF EN 2. Un équipement électrique ne brûle pas en lui-même : ce sont ses isolants, ses plastiques ou son environnement qui s’enflamment. Une fois le courant coupé, le feu redevient un feu de classe A ou B.

Le danger électrique se traite donc différemment : par un marquage spécifique. La norme NF EN 3-7 prévoit un essai diélectrique pour les extincteurs à base d’eau. Un appareil qui le réussit peut porter une mention d’utilisation sur des équipements sous tension jusqu’à 1 000 volts, à une distance d’un mètre. Sans cette mention, un extincteur à eau ne doit jamais viser une installation alimentée.

Le premier réflexe reste toujours le même : couper le courant au tableau électrique dès que c’est possible.

Quel extincteur utiliser selon la classe de feu ?

Le choix d’un extincteur adapté se fait en croisant la classe de feu et l’agent extincteur. Les appareils polyvalents couvrent plusieurs classes, mais aucun n’est universel. Le tableau ci-dessous résume les associations à retenir.

Classe de feu Combustibles concernés Extincteur adapté À ne jamais utiliser
A – solides Bois, papier, carton, tissus Eau pulvérisée avec additif, mousse, poudre ABC CO₂ seul (les braises repartent), poudre BC
B – liquides Essence, solvants, peintures, plastiques fondus Eau pulvérisée avec additif marquée B, mousse, poudre ABC ou BC, CO₂ Jet d'eau sans additif, qui disperse le liquide en feu
C – gaz Butane, propane, gaz naturel Coupure de l'arrivée de gaz, puis poudre ABC ou BC Souffler la flamme sans pouvoir couper le gaz
D – métaux Magnésium, titane, sodium, poudres d'aluminium Poudre spéciale D adaptée au métal, par du personnel formé Eau (dégagement d'hydrogène), CO₂, poudres ABC et BC
F – huiles de cuisson Friteuses, sauteuses, bains d'huile Extincteur portant le marquage F (agent saponifiant) Eau, et tout appareil sans marquage F
L – batteries lithium-ionISO 3941:2026 Trottinettes, vélos, outillage sans fil, stockage d'énergie Alerte immédiate des secours, éloignement des fumées Rester à proximité ou croire le feu éteint après les premières flammes
Équipement sous tensionhors classe Armoires électriques, informatique, machines CO₂, ou extincteur à eau ayant réussi l'essai diélectrique (1 000 V, 1 m) Eau sans mention diélectrique

Quelques repères complémentaires sur les principaux agents :

  • Extincteur à eau pulvérisée avec additif : polyvalent sur les classes A et B, c’est l’appareil de base exigé par le Code du travail. Certains modèles sont aussi marqués F ou aptes aux équipements sous tension.
  • Extincteur à mousse : il forme une nappe qui isole les vapeurs inflammables et limite la reprise, surtout sur les liquides.
  • Extincteur CO₂ : non conducteur et sans résidu, idéal près des tableaux électriques et du matériel informatique. Le gaz sort très froid : on tient l’appareil par sa poignée, jamais par le diffuseur, sous peine de gelures.
  • Extincteur à poudre ABC : très polyvalent mais salissant, il réduit fortement la visibilité et endommage les équipements électroniques.
  • Extincteur classe F : réservé aux cuisines professionnelles, il neutralise l’huile par saponification et évite qu’elle ne se rallume.

Quelles erreurs éviter face à un départ de feu ?

Les erreurs les plus graves viennent d’un mauvais agent ou d’une mauvaise appréciation de la situation. Elles se corrigent par la connaissance des règles et, surtout, par l’entraînement sur feu réel.

  • Verser de l’eau sur un feu d’huile de cuisson : l’eau se vaporise instantanément et projette l’huile enflammée.
  • Projeter de l’eau sur un appareil sous tension sans mention diélectrique : risque d’électrisation.
  • Vider un CO₂ dans un petit local fermé : le gaz chasse l’oxygène et expose l’utilisateur à l’asphyxie.
  • Saisir le diffuseur d’un CO₂ à mains nues : le gaz très froid provoque des gelures.
  • Utiliser de la poudre sur du matériel informatique sensible alors qu’un CO₂ est disponible : les dégâts dépassent souvent ceux du feu.
  • Éteindre une fuite de gaz enflammée sans pouvoir couper l’alimentation.
  • Arroser un feu de métaux : l’eau peut libérer de l’hydrogène et provoquer une explosion.
  • Traiter une batterie lithium-ion en feu comme un feu ordinaire : elle peut se rallumer longtemps après, il faut alerter les secours.
  • Attaquer un feu déjà développé : un extincteur portatif n’est conçu que pour un feu naissant. Au-delà, on évacue, on ferme les portes et on alerte les secours.
  • Se placer face au vent ou avec le feu entre soi et la sortie : il faut toujours garder une issue dans son dos.
  • Tourner le dos au foyer après extinction : une reprise est toujours possible.

Combien d’extincteurs une entreprise doit-elle prévoir ?

L’article R4227-29 du Code du travail fixe un socle minimal : au moins un extincteur portatif à eau pulvérisée d’au moins 6 litres pour 200 m² de plancher, avec au minimum un appareil par niveau. Les locaux présentant des risques particuliers, notamment électriques, doivent recevoir en plus des extincteurs dont le nombre et le type sont adaptés.

Ce minimum légal s’articule avec d’autres exigences :

  • les règlements propres aux ERP, qui complètent le Code du travail pour les établissements recevant du public ;
  • la règle APSAD R4, référentiel technique souvent demandé par les assureurs pour l’implantation et la maintenance des extincteurs ;
  • le Document unique d’évaluation des risques, qui identifie les zones à risque spécifique (cuisine, local technique, stockage de produits inflammables).

Le choix, l’installation et la vérification du matériel relèvent d’un installateur spécialisé. Le rôle de PREVISUD intervient ensuite : faire en sorte que vos équipes sachent reconnaître les classes de feu et utiliser ces appareils sans hésiter.

Pourquoi former ses salariés à la manipulation des extincteurs ?

Un extincteur n’a d’utilité que si quelqu’un sait s’en servir dans les premières secondes. L’article R4227-28 du Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour qu’un commencement d’incendie soit combattu rapidement et efficacement. L’article R4227-39 prévoit des exercices au cours desquels les salariés apprennent à utiliser les moyens de premier secours, au moins tous les six mois, consignés dans un registre.

Chez PREVISUD, la formation à la manipulation des extincteurs dure 2 heures et se déroule sur votre site, sur un espace extérieur sécurisé. Après un rappel sur les classes de feu et les agents extincteurs, chaque stagiaire intervient individuellement sur feu réel, au bac à flammes, avec des extincteurs à eau et à CO₂, sous le contrôle d’un formateur sapeur-pompier. Les groupes comptent 10 personnes au maximum.

Lorsque vos locaux ne permettent pas d’allumer un bac à flammes (bureaux en centre-ville, établissements de santé, sites sensibles), la formation EPI en réalité virtuelle prend le relais : 1 h 30 de théorie en groupe, puis 30 minutes de passage individuel en casque immersif.

À l’issue de la formation, chaque participant sait :

  • identifier la classe de feu en jeu et choisir l’appareil adapté ;
  • localiser les moyens de secours de son établissement ;
  • dégoupiller, percuter et diriger le jet à la base des flammes ;
  • apprécier la distance d’attaque et la limite au-delà de laquelle il faut se replier ;
  • donner l’alerte et rejoindre le point de rassemblement.

FAQ sur les classes de feu et les extincteurs

Quel extincteur utiliser sur un feu électrique ?

Sur un équipement sous tension, l'extincteur CO₂ est le plus indiqué : il ne conduit pas le courant et ne laisse aucun résidu. Un extincteur à eau n'est envisageable que s'il porte la mention de l'essai diélectrique (1 000 V à 1 mètre). Dans tous les cas, coupez le courant dès que possible.

Quel extincteur prévoir dans une cuisine de restaurant ?

Une cuisine professionnelle équipée de friteuses ou de bacs d'huile doit disposer d'un extincteur classe F, seul conçu pour les huiles et graisses de cuisson. Un CO₂ peut compléter l'équipement pour les appareils électriques de la cuisine. L'eau ordinaire est à proscrire sur un bain d'huile en feu.

Un extincteur à poudre ABC suffit-il partout ?

Non. La poudre ABC couvre les feux de solides, de liquides et de gaz, mais elle n'est efficace ni sur les métaux (classe D) ni, en règle générale, sur les huiles de cuisson (classe F). Elle endommage aussi le matériel électronique et gêne la visibilité dans un local fermé.

Comment lire l'étiquette d'un extincteur ?

L'étiquette indique le type d'agent, la masse ou le volume, le mode d'emploi illustré et les pictogrammes des classes de feu couvertes, chacun précédé de sa capacité d'extinction (par exemple 21A ou 113B). Elle mentionne aussi, le cas échéant, l'aptitude à être utilisé sur des équipements sous tension.

Peut-on utiliser un extincteur CO₂ sur un feu de bois ?

Ce n'est pas recommandé. Le CO₂ étouffe les flammes mais refroidit très peu : les braises d'un feu de classe A peuvent se rallumer dès que le gaz se dissipe. Pour le bois, le papier ou le carton, privilégiez un extincteur à eau pulvérisée ou à poudre ABC.

Existe-t-il une classe de feu pour les batteries lithium-ion ?

Oui, au niveau international. La norme ISO 3941, rééditée en janvier 2026, a créé la classe L pour les feux de batteries lithium-ion sans lithium métallique. En Europe, la norme NF EN 2 doit encore intégrer cette évolution. Face à une batterie en feu, la priorité reste d'alerter les secours et de s'éloigner des fumées.

La formation à l'utilisation des extincteurs est-elle obligatoire ?

Oui, dans son principe. Le Code du travail (articles R4227-28 et R4227-39) impose de préparer les salariés à combattre un début d'incendie et d'organiser des exercices au moins tous les six mois. Le contenu exact de la formation est laissé au choix de l'employeur, qui doit pouvoir en apporter la preuve.

Où se former à la manipulation des extincteurs dans les Alpes-Maritimes ?

PREVISUD se déplace directement dans vos locaux, à Nice, Cannes, Antibes, Sophia Antipolis, Saint-Laurent-du-Var, Carros ou Monaco, ainsi qu'à Marseille. La formation se déroule avec votre propre configuration de site, ce qui permet de repérer sur place l'emplacement de vos extincteurs. Les horaires s'adaptent à votre activité, y compris en soirée ou le week-end.

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